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De la Perse à Bagdad
À la fin de l'Antiquité, l'astrologie hellénistique ne disparaît pas : elle voyage vers l'Est. Dans la Perse sassanide, entre le troisième et le septième siècle, les textes grecs sont traduits en moyen-perse et complétés. Les astrologues perses s'intéressent particulièrement aux grands cycles du ciel, ceux qui rythmeraient l'histoire des peuples et des dynasties.
Au huitième siècle, la fondation de Bagdad par les califes abbassides change d'échelle. La ville devient le centre d'un immense mouvement de traduction : textes grecs, persans et indiens passent en arabe. La date même de la fondation de Bagdad, en 762, aurait été choisie avec l'aide d'astrologues, parmi lesquels Māshā'allāh, l'un des premiers grands noms de cette période.
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L'âge d'or arabe
Entre le huitième et le onzième siècle, les astrologues du monde arabe et persan enrichissent considérablement l'héritage grec. Abū Ma'shar, connu en Europe sous le nom d'Albumasar, écrit au neuvième siècle des ouvrages de référence et développe la théorie des grandes conjonctions : tous les vingt ans environ, Jupiter et Saturne se rejoignent dans le ciel, et ces rendez-vous serviraient à lire les grands tournants de l'histoire. Al-Bīrūnī, au onzième siècle, rédige un manuel d'une clarté remarquable, qui explique l'astronomie avant d'aborder l'astrologie.
Ces auteurs perfectionnent l'astrologie horaire, qui répond à une question à partir du ciel du moment où elle est posée, l'astrologie des élections, qui cherche le bon moment pour agir, et l'astrologie mondiale, consacrée aux événements collectifs. Ils multiplient aussi les « parts », héritières des sorts grecs.
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Le retour en Europe
Au douzième siècle, l'Europe redécouvre ce savoir grâce à une nouvelle vague de traductions, de l'arabe vers le latin, notamment à Tolède, en Espagne, où travaillent des traducteurs comme Jean de Séville et Gérard de Crémone. Des textes d'Abū Ma'shar, de Ptolémée ou de Māshā'allāh deviennent accessibles aux lettrés européens. Le vocabulaire en garde la trace : plusieurs noms d'étoiles que nous utilisons encore, comme Aldébaran ou Bételgeuse, viennent de l'arabe.
Au treizième siècle, l'Italien Guido Bonatti écrit un vaste traité, le Liber astronomiae, et conseille des seigneurs de son temps. L'astrologie entre à l'université : à Bologne ou à Paris, elle s'enseigne aux côtés de l'astronomie et sert notamment aux médecins, qui tiennent compte de la Lune pour choisir le moment d'un soin.
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Une science respectée, et discutée
Pendant tout le Moyen Âge, astrologie et astronomie restent liées, comme nous le racontons dans astrologie et astronomie, une histoire commune. L'astrologie n'échappe pas pour autant au débat. Des théologiens s'inquiètent qu'elle laisse trop peu de place au libre arbitre. La position la plus répandue, défendue notamment par Thomas d'Aquin, admet que les astres influencent le corps et les tempéraments, mais pas la volonté : l'être humain reste libre de ses choix.
Cette idée, que le ciel décrit des tendances sans fixer le destin, traverse les siècles. C'est encore celle que défend Bilba : le ciel propose, et chacun décide de ce qu'il en fait.
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